KAMANYOLA / UVIRA, 24 février 2025 — Le Vice-Gouverneur et Gouverneur de Province ad intérim du Sud-Kivu, Me Jean-Jacques ELAKANO M’YEWA, a conduit lundi une délicate mission humanitaire et sécuritaire visant le rapatriement de 680 policiers congolais qui avaient trouvé refuge au Burundi voisin après avoir été contraints à l’exil par l’avancée des forces du Mouvement du 23-Mars (M23) dans la localité de Kamanyola, dans le territoire d’Uvira. Cette opération, menée en coordination avec les autorités burundaises, visait à restaurer la présence des forces de l’ordre congolaises sur leur propre territoire et à signifier la détermination du Gouvernement provincial à rétablir pleinement l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
Le retour de ces agents a toutefois été initialement contesté par des éléments des groupes armés Wazalendo, qui s’opposaient à leur réintégration sur les positions qu’ils occupaient avant leur déplacement forcé. Face à ces tensions, le Vice-Gouverneur a engagé des négociations directes avec les différentes parties prenantes, permettant de dégager un compromis provisoire : les 680 policiers seraient cantonnés temporairement à la prison centrale de Mulunge, en attendant un déploiement progressif vers leurs zones de responsabilité initiales. Cette solution de transition a été acceptée par l’ensemble des acteurs concernés, évitant ainsi une escalade susceptible de fragiliser davantage la sécurité dans cette zone frontalière stratégique.
Un signal fort adressé aux populations déplacées
Au-delà de sa dimension opérationnelle, cette mission revêt une portée symbolique considérable pour les populations de Kamanyola et des environs, durement éprouvées par les offensives successives du M23. En rapatriant ces forces de police, le Gouvernement provincial envoie un message clair : l’État congolais n’a pas abandonné ses citoyens et entend progressivement reprendre le contrôle des zones momentanément perdues. Me ELAKANO M’YEWA a tenu à s’adresser personnellement aux policiers rapatriés, saluant leur résilience et les exhortant à demeurer au service de la population dans le strict respect des droits humains et de la discipline militaire.
Cette opération s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu : depuis la fin de l’année 2024, les forces du M23, soutenues selon Kinshasa par le Rwanda, ont considérablement élargi leur emprise territoriale dans l’est de la République Démocratique du Congo, forçant des milliers de civils et de membres des forces de sécurité à fuir vers les provinces voisines ou les pays limitrophes. La province du Sud-Kivu, dont le chef-lieu Bukavu a été temporairement occupé, cherche à maintenir une continuité administrative depuis la ville d’Uvira, érigée en capitale provinciale provisoire par le Gouvernement central.
« Nous ne laisserons pas le territoire de notre province entre des mains étrangères. Le retour de nos forces de police à Kamanyola est une étape dans la reconquête progressive de notre souveraineté. L’État est là, l’État sera toujours là. » — Me Jean-Jacques ELAKANO M’YEWA, Vice-Gouverneur et Gouverneur de Province ad intérim du Sud-Kivu
Le Vice-Gouverneur a conclu sa mission en réaffirmant la nécessité d’un dialogue continu entre les forces de sécurité régulières, les groupes armés patriotiques Wazalendo et les autorités civiles, afin d’assurer une transition ordonnée vers un rétablissement durable de l’ordre public. La mission a également permis d’évaluer les besoins immédiats des policiers de retour en termes de logistique, d’équipements et de soutien psychologique, après les traumatismes liés à leur déplacement forcé vers le Burundi.